Villa Maïa : un regard sur l’art, entre héritage lyonnais et création contemporaine

À Villa Maïa, l’art fait partie intégrante du décor. Des colonnes sculpturales de Guy de Rougemont aux photographies circulaires de Charles Maze, les œuvres accompagnent les espaces et contribuent à leur personnalité. Sur la colline de Fourvière, cet hôtel de luxe à Lyon réunit l’architecture de Jean-Michel Wilmotte, les intérieurs de Jacques Grange et les jardins de Louis Benech autour d’une même attention portée aux formes, aux matières et aux perspectives.

Un dialogue entre l’histoire du lieu et l’art contemporain

Implantée sur le site de l’Antiquaille, Villa Maïa s’inscrit dans un quartier étroitement lié à l’histoire de Lyon. Jacques Grange fait référence à cet héritage à travers les colonnes, le marbre et les mosaïques, notamment dans le lobby et les thermes.

Dans ce cadre d’inspiration gallo-romaine, les œuvres contemporaines apportent un contraste assumé. Leurs couleurs et leurs formes donnent une lecture actuelle aux espaces, aux côtés du mobilier conçu sur mesure. Cette association permet d’évoquer le passé du lieu tout en conservant une liberté dans la décoration.

Guy de Rougemont : la sculpture dans les espaces de vie

Les colonnes totémiques de Guy de Rougemont ponctuent les salons de Villa Maïa. Leur présence verticale rythme les espaces, tandis que leurs couleurs attirent le regard au milieu du mobilier.

La géométrie et la couleur sont deux dimensions essentielles du travail de l’artiste. À l’hôtel, elles prennent une place concrète dans les lieux de vie : les sculptures se découvrent au fil des déplacements et participent à la composition des salons. Elles prolongent ainsi le dialogue entre architecture, art et décoration.

Peter Gee : une touche pop art au bar

Au bar, une composition de Peter Gee réunissant six panneaux peints à l’huile sur bois apporte une présence graphique forte. Les motifs de cibles, les cercles répétés et les couleurs vives donnent à l’espace une expression différente de celle des chambres.

Associée aux fauteuils verts, cette œuvre contribue à l’atmosphère du salon. Elle illustre la liberté du décor de Villa Maïa, où les références classiques côtoient un vocabulaire pop art plus audacieux. La couleur devient ici un élément central, aussi présent dans l’œuvre que dans le mobilier qui l’entoure.

Charles Maze : les anamorphoses comme signature des chambres

Dans les chambres, les anamorphoses de Charles Maze occupent une place particulière. Ces photographies circulaires introduisent un jeu de perspectives et une touche de couleur dans les intérieurs aux tonalités de brun et de grège imaginés par Jacques Grange. L’hôtel les présente lui-même comme une forme d’« impertinence artistique ».

Chaque chambre possède une image différente, installée au-dessus du lit ou dans l’espace salon. Leur format singulier invite à s’attarder sur la composition, à suivre les lignes et à observer les transformations du sujet photographié. Elles donnent aux chambres une identité propre, dans un décor où se retrouvent également des influences japonaises et Art déco.

Alexander May : une autre signature contemporaine

Les œuvres d’Alexander May complètent la sélection artistique intégrée aux intérieurs de Jacques Grange. Le travail de l’artiste explore la matière et la superposition de différents langages picturaux, avec des compositions qui échappent à une lecture exclusivement abstraite ou figurative. Cette recherche invite à prendre le temps de regarder, au-delà de la première impression, pour observer les couches et les relations entre les formes.

Sa présence aux côtés de Guy de Rougemont et de Peter Gee enrichit le dialogue entre les œuvres et le décor. Cette diversité de signatures permet de lire les intérieurs comme une composition ouverte, où les références gallo-romaines, le mobilier sur mesure et la création contemporaine se répondent.

Une invitation à regarder

Cette attention portée au regard se retrouve à l’échelle de l’hôtel. L’architecture de Jean-Michel Wilmotte ouvre des perspectives sur Lyon, dont Villa Maïa décrit la vue comme un « tableau vivant ». Les jardins de Louis Benech offrent une autre composition, végétale, que l’on découvre depuis les espaces intérieurs et les terrasses.

Les œuvres s’inscrivent dans cette expérience visuelle. Elles invitent à observer une photographie dans sa chambre, une sculpture dans un salon ou une composition colorée au bar. Pour les voyageurs sensibles à l’art et au design, Villa Maïa offre ainsi une manière de découvrir Lyon qui commence au sein même de l’hôtel.

→ Découvrir Villa Maïa

Octobre 2026 - Écrit par Clarisse Bernard

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